C’est un secret

Where the secrets things are

en création
On cherche aussi, nous autre,
le grand secret

Henri Michaux

 

Sous les déchets laissés à la surface de la terre et des océans subsiste sans doutes une force de vie capable de « recycler » tous les égarements de notre civilisation.
Les ombres et les figures de notre imaginaire sensible pourraient-elles faire écho aux messages confiants de la Terre et des Êtres en faisant renaître ce qui semble dévitalisé ?

C’est un secret sera une forme scénique organique où l’archaïsme de l’ombre, la chorégraphie, la musique et les voix, les figures, seront les matières premières d’un théâtre d’ombres à la fois contemporain et empreint de réalités anciennes. L’idée est de placer les personnages au cœur d’un environnement expressif, animé et éphémère.

Nous tisserons une histoire gigogne avec des silhouettes d’ombres, des matières, avec leurs mouvements, leurs vibrations, couleurs et sons plutôt qu’avec les mots. Une histoire de liens familiaux entre frère et sœur, entre un père et une mère et leurs enfants, une histoire de liens d’interdépendance entre les êtres de règnes différents, mais aussi une histoire d’initiation à une lecture plus universelle du monde.

L’oiseau bleu, conte philosophique et théâtral de Maurice Maeterlinck sera notre terreau, notre combustible, dont nous nous imprègnerons pour satisfaire notre besoin de mêler le rêve à la réalité, de ménager des passages discrets vers la sphère de l’irrationnel qui suscite aussi l’effroi, et de rendre crédible le merveilleux.
L’univers que l’on connaît de Maeterlinck, sombre et mystérieux, trouve ici une issue à l’apparente naïveté, où la matière brute prend la parole et où les objets et les entités prennent vie.
Le conte de Maeterlinck nous ouvre un accès pour interpréter des espaces transitoires ; le temps du rêve. Une réalité où ces entités sont une partie de nous mêmes et où nous mêmes entrons dans la composition de ces entités et finalement de tout ce qui vibre et vit sur terre.
Tyltyl et Mytyl vont se retrouver seuls et bâtir un sentiment de confiance. Ils vont nous entraîner dans leur imaginaire sensible, nous suggérant une vision optimiste du monde, des humains et de leur finalité…
En perturbant les repères et les certitudes, C’est un secret passera du merveilleux à la cruauté.

Comment l’enfant traduit-il et transforme l’angoisse de l’attente et de la séparation ? Comment restitue t-il les mouvements à vif de ses émotions, les vibrations de ses perceptions ? Comment interpréter les flux silencieux de son imaginaire ?
Ainsi C’est un secret cherche à rendre palpable ou perceptible ce qui dans le quotidien nous donne confiance, sensibilité et légèreté. Ainsi, la nature vivante, les formes multiples du monde alentour, les émotions, les perceptions, les idées et les grandes figures cosmiques et intemporelles nous apparaissent sous la forme de figures imaginaires, symboliques ou oniriques nous inspirant pour réagir à notre monde, le ressentir, ici et maintenant.

La mère de Tyltyl et Mytyl
s’absente. On ne sait pas
quand elle reviendra.

Les deux frère et sœur, jouent dans un terrain vague : briques, bouts de bois, morceaux de tôle, des bâches en plastique, fils de laine, de fer, déchets de toutes sortes.
La lisière du terrain vague où travaille le père et où rêvent les deux frère et sœur les séparent du jardin-jungle où éclosent les Morphos bleus et où vit la petite vieille bossue, borgne et boiteuse.
Un jour de neige, celle-ci rend visite à Tyltyl et Mytyl qui attendent le retour de leur mère mélancolique. La vieille dame leur annonce que les Morphos bleus seraient seuls capables de donner le sourire à leur mère. Les deux enfants vont traverser le filtre des apparences et errer dans le palais de la nuit, dans le jardin- jungle, le cimetière, le jardin des bonheurs. Autant de lieux de transformation et d’initiation peuplés de forces et d’êtres étranges venus du passé ou du futur. L’espoir se mêle à la peur et à l’inconnu. La douce noirceur se joue de la lumière tandis que Tyltyl & Mytyl sont rappelés à un monde où tout ce qui vit participe d’un seul et même souffle.

« Suggérer et laisser ouvert aux cinq sens le déroulé des événements scéniques et l’achèvement de l’énigme, du message caché, qui tait pour mieux exprimer ». Telle est la proposition Maeterlinckienne qui inspire le mouvement de C’est un secret.

distribution

Texte L’0iseau bleu de Maurice Maeterlinck (extraits)
Conception, mise en scène Aurélie Morin
Création collective
Dramaturgie, collaboration à la mise en scène En cours
Jeu et création En cours
Réalisation images animées Jean-Charles Mbotti-Malolo
Collaboration artistique En cours
Scénographie Aurélie Morin, Elise Gascoin
Regards chorégraphiques Federica Porello, Chloé Attou
Objets, silhouettes Elise Gascoin, Julia Kovacs,Aurélie Morin,
Réalisation objets et castelet David Frier
Costumes En cours
Son, composition musicale, bruitages En cours
Régie plateau, jeu Xavi Pegote
Régie générale, bande son Aurélien Beylier
Création et régie lumière Guillaume Tarnaud
Régie son En cours

Remerciements

à Marguerite Bordat pour son regard

Éléments techniques

Espace de jeu `
Ouverture : 9 m / Profondeur : 9 m
Hauteur sous perches : 5 m
Équipe en tournée
Artistes-interprètes 3 personnes + 2 régisseurs
Jauge public 250 scolaires 300 tous publics